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Premier concert de Jacques Stotzem après déconfinement

Dans le viseur de mon appareil photo, zoom déployé au maximum, j’aperçois Jacques Stotzem, guitare en main, qui piaffe à la sortie de la sacristie qui lui sert de loge. Il a l’air impatient et arbore un petit sourire gourmand. C’est son tout premier concert depuis des mois. Depuis l’âge de 18 ans, il ne s’est jamais arrêté de tourner pendant aussi longtemps. Ça redémarre logiquement de l’endroit où tout a commencé, Verviers, sa ville natale, son public d’amis et de fidèles de longue date. Quand il monte sur scène, une longue salve d’applaudissements salue son retour sur scène. Welcome back !

Dans le viseur de mon appareil photo, zoom déployé au maximum, j’aperçois Jacques Stotzem, guitare en main qui piaffe à la sortie de la sacristie. Il a l'air impatient et un petit sourire gourmand.

Dans les starting-blocks pour le premier concert depuis le confinement.

J’y pense et puis j’oublie

Ce premier concert après déconfinement est organisé par le Comité culturel de Saint-Remacle Verviers qui s’occupe de valoriser la remarquable église Saint-Remacle. Pour que le concert puisse avoir lieu, les mesures anti-Covid sont évidemment de mise. Désinfection des mains à l’entrée, masque recommandé et l’inévitable distanciation physique marquée par l’écartement des chaises. Le nombre de place est réduit, la réservation et le paiement se font à l’avance. Malgré ces petites contraintes, le concert est sold-out et la salle est pleine. 

Un public présent en nombre grâce au respect des mesures de confinement

Limitation des déplacements pendant le concert, pas de bar, pas de regroupements de personne, pas de toilettes. Les mesures sont brièvement rappelées. Une fois tout le monde installé, on les oublie pour retrouver le plaisir de la musique. 

Bref rappel des "règles du jeu" et présentation de l'organisation de la soirée.

Bref rappel des “règles du jeu” et présentation de l’organisation de la soirée.

Je suis plutôt du genre à respecter les règles. Du coup je suis super-embêté – c’est comme embêté, mais avec une cape – de ne pas retrouver le masque que j’avais glissé dans ma poche. Il a dû tomber de ma poche entre la voiture et la place Saint-Remacle. Mais je suis garé loin (je vous épargne le couplet sur le stationnement à Verviers). Du coup j’enfonce ma tête dans mon sweat et je gagne ma place en rasant les murs, un peu penaud.

Sur mon siège, un petit flyers rappelle que faute d’une petite vente sur place, les CD sont en vente online et les albums sont disponibles sur iTunes. Je repenserai brièvement au Covid en me rendant compte qu’avant je faisais tout pour éviter de tousser pendant un morceau. Maintenant j’évite même de tousser pendant les applaudissements de peur qu’on me regarde de travers.

Un premier concert (décon)finement joué 

Si Jacques a arrêté de tourner, il n’a pas cessé de jouer de la guitare. Il a même mis ce temps à profit pour composer des nouveaux morceaux qui trouveront sans doute un jour leur place sur un CD.

S’il a interrompu ses voyages, il nous a fait voyager avec quelques live Facebook à thème dont il nous rappellera des extraits pendant le concert. Il avouera même qu’il avait encore des thèmes en réserve, comme les musiques de film. Mais je n’irai pas jusqu’à prétendre regretter d’avoir manqué ça à cause du déconfinement. Il  en a encore sous la pédale. Peut-être une autre fois, et on l’espère, pour d’autres raisons.

Jacques reconnaîtra que le contact avec le public et les applaudissement lui ont manqué. D’ailleurs, j’ai eu l’impression que chaque morceau était applaudi un peu plus. Comme un petit bonus, un peu de rab pour combler le manque de part et d’autre. Nous aussi, ça nous a manqué de vibrer tous ensemble pour la musique live. 

Si parfois en jouant Jacques a l’air concentré, voire parfois presque sévère, plus d’une fois je l’ai vu sourire pendant le concert. Peut-être plus souvent que d’habitude. Dans le viseur de mon appareil photo, je vois passer ces petits sourires fugaces sur son visage. “Il a bon” comme on dit à Liège (et nous aussi).

Dans le viseur de mon appareil photo, je vois passer les petits sourires fugaces sur son visage. "Il a bon" comme on dit à Liège (et nous aussi).

Le plaisir de retrouver la scène pour un premier concert se lit sur son visage.

Jouant à domicile, Jacques se fait plaisir. Il joue les classiques de ses concerts, mais aussi des morceaux qu’on n’entendra sans doute pas lors d’autres concerts, pour le plus grand plaisir de ses fans. Notamment les morceaux qu’il joue dans sa cuisine juste pour se faire plaisir. J’aurais aimé entendre un morceau qu’il avait joué pendant un live : “Do You Know What It Means To Miss New Orleans” – Louis Armstrong. J’aime bien l’arrangement qu’il en a fait. Une autre fois peut-être.

Premier concert comme spectateur aussi

Je n’ai pas souhaité filmer ce premier concert parce que je voulais vraiment en profiter comme spectateur. Je voulais chérir ce moment rare et précieux comme un souvenir. Ensuite, il me semble que diffuser une captation complète du concert est antinomique avec l’idée d’inviter les gens à sortir de chez eux pour retrouver l’émotion authentique (et les revenus pour les artistes) des vrais concerts.

Néanmoins, pour illustrer ce billet, il me fallait quelques photos. Là aussi, le confinement a laissé des traces sur mes réflexes de photographe. Mise au point, compensation de l’exposition, triangle ISO – ouverture – vitesse et surtout navigation dans les menus m’ont paru bien moins familiers tout à coup.

Plus d’une fois, je me dis que cette photo est déjà vue et revue. Même si Jacques va de la position debout au tabouret, ces poses ont été prises cent fois. La photo de Jungle avec la main par dessus le manche, ou celle où il est penché sur sa guitare pour un passage rock, ou celle où il a presque l’air en colère contre sa main gauche.

Que pourrais-je photographier qui serait différent cette fois ? Assez rapidement, je me focalise sur les petits sourires fugaces qui passent sur le visage de Jacques. Son bonheur est là, avec sa musique sur une scène. Notre bonheur de l’écouter est là aussi. C’est ça qu’il faut retenir de cette soirée.

Le plaisir de retrouver la scène pour un premier concert se lit sur son visage.

Le plaisir de retrouver la scène pour un premier concert se lit sur son visage.

Distanciation physique et distanciation sociale

Finalement la distanciation physique et les mesures sanitaires ne me pèsent pas tant. On y pense puis on oublie. Par contre, l’entracte, le bar et l’après-concert me manquent un peu. Ces moments où on peut saluer des vieilles connaissances et débriefer le concert. C’est là finalement que se trouve la vraie distanciation “sociale”.

On a reconnu très rapidement l’importance sociale des cafés et des restaurants en raison d’impératifs économiques sous-jacents. Mais par ma légère frustration, je prends conscience du formidable liant social qu’est la culture. Un lien social (mais aussi des impératifs économiques) qu’il ne faut certainement pas négliger dans le futur un peu flou qui se dessine entre avis d’experts et décisions politiques.

Et après

Le plus grand voyage commence par un seul pas. Si l’avenir est flou, une chose est certaine : pour l’éternel optimiste qu’est Jacques Stotzem, après ce premier concert, la suite se passera de toute façon avec une guitare dans la main. 

Un avenir flou, mais guitare en main.

Un avenir flou, mais guitare en main.

Note : en retournant à la voiture, j’ai bien retrouvé mon masque. Sur un trottoir sous la pluie, échoué là comme un vieux string de soûlarde.

Et alors, cet enregistrement, ça en est où ?

Je ne sais même pas si ce sera un CD. Support physique ou non, plateforme ou boutique sur mon site, album, EP, titres isolés, il y a tellement de possibilité. Je cogite d’autres idées, plus modernes, évolutives et plus en adéquation avec la taille de mon public cible (oui, vous là, tous les cinq). Quoi qu’il arrive, il faut commencer par un enregistrement de quelque chose.  J’ai racheté un micro et une carte son.

Quand ça veut pas !

Mon enregistreur Zoom H5 a connu un souci. Je vais tenter une dernière réanimation. Je comptais m’en servir pour maquetter sans sortir l’artillerie lourde.

En attendant, je fais réparer l’enregistreur Denon qui est la pierre angulaire de mon rack d’enregistrement, surnommé “il monstro”. Un préampli à lampes, avec un compresseur à la demande en insert qui alimente un enregistreur c’est prometteur, non ?

Mais depuis le premier jour, l’enregistreur Denon a un défaut : l’écran n’est pas aligné et semble bouger dans le châssis. Pire, il semble que des pièces se promènent. Alors que ce rack n’a jamais quitté la maison et que je n’ai enregistré que quelques tests avec.

Studio mobile en rack ...

Studio mobile en rack… ma solution d’enregistrement mobile.

La saga des enregistreurs rackable m’avait fortement découragée. J’avais eu un très gros souci à l’époque avec un enregistreur Tascam qui avait pris deux câbles XLR qu’il n’a plus jamais voulu lâcher. Le passage en SAV a été long mais pas compliqué au final. Ce fut un ping-pong entre le vendeur, le fabricant de l’appareil et le fabricant des câbles. Tout le monde était de bonne volonté, mais le cas était complexe. Finalement, un peu échaudé, j’ai choisi de monter en gamme. Et puis quand j’ai reçu le Denon avec son petit défaut, j’ai complètement baissé les bras. Le budget dépensé n’est pas passé auprès du ministre des comptes, qui m’en a réclamé, à juste titre. C’est pas rationnel comme réaction, mais je n’en pouvais plus. L’envie était morte. 

Ne pas se servir beaucoup de tout ce matos, c’était sans doute joindre l’outrage à l’insulte, mais sans emplacement pour me poser avec mon rack, ça restait compliqué. Ce problème là est résolu.

Pour avancer il faut parfois se regarder en face dans le miroir tout en se mettant un coup de pied au cul (quelle souplesse !). Maintenant que je compte m’y remettre, et faire cet enregistrement, il faut bien que je m’assure que tout fonctionne, même si je vais y perdre du temps et sans doute de l’argent (je doute que la garantie tienne encore).

Pourtant, quelle belle pièce… j’espère qu’il me reviendra. Sinon, on passera au(x) plan(s) B(s).

Recording rack Denon DN 500 R

Recording rack Denon DN 500 R

 

Aston Origin, premières impressions

L’idée d’enregistrer mes compos (re)fait son chemin. Quelle que soit la (plate)forme finale que prendront ces enregistrements, il y a des accessoires incontournables dans ce processus: une carte son et un microphone. Avec le Microphone Aston Origin, je comptais me repencher sur la question du microphone à large membrane vs les microphones stick (seul ou en paire XY). Initialement, j’avais prévu de m’enregistrer avec un petit enregistreur numérique pour un peu débroussailler la question du placement des micros et travailler léger. Hélas mon enregistreur m’a lâché, ce qui est bien fâcheux.

Pourquoi un autre micro ?

Le seul autre microphone à large membrane en ma possession jusqu’ici est le Behringer B2 Pro.  Ce microphone a un rapport qualité prix tout juste acceptable dans l’ensemble. Il est fourni avec une petite mallette et des accessoires (suspension) corrects. Mais il a une bosse dans les aigus qui lui donne un son bon marché. Pour la voix chantée ou parlée, ou des prises de son d’ensemble il m’a donné quelques satisfactions. Pour une guitare gratouillée ça va, Par contre pour la guitare solo instrumentale, il n’a jamais trouvé grâce à mes oreilles. Couplé avec des préamplis moyen, le tout sonne “en carton”. On pourrait penser que c’est récupérable avec un peu de travail au mixage. Mais ce n’est pas le cas. 

Pourquoi l’Aston Origin ?

L’arrivée des microphones Aston a fait un peu de bruit. Conçus en Angleterre, ils ont l’air d’étonner tout le monde par la qualité sonore. Même si sur Internet les avis sponsorisés ne sont pas rares, ici il n’y a pas l’air d’y avoir de fumée sans feu. Au dire de nombreux testeurs, le rapport qualité prix est remarquable.

L’approche chez Aston est intelligente et pragmatique. Ils ont économisé sur tout, usinage, fabrication, packaging, finition, accessoires. Sur tout sauf sur ce qui compte, le produit final, le microphone. Celui-ci intègre une suspension interne et peut se visser directement sur un pied de micro !

Visuellement l’Aston Origin a un petit côté brut de décoffrage qui lui donne un charme fou et un look indestructible.

Aston Origin

Aston Origin

Note : Aston Microphones propose d’autres options : le Spirit, qui permet de choisir le pattern de la prise de son et le Stealth qui offre des colorations différentes. Mais je voulais garder le budget sous contrôle et éviter de m’égarer dans trop d’options au niveau sonore. Je recherche une certaine simplicité qui me permettra d’atteindre mon but. Un bon micro cardioïde à planter face à ma guitare acoustique, rien de plus, rien de moins. 

Premiers essais : montrer la voix

Faute de pouvoir m’enregistrer, mes premiers essais ont consisté à écouter ma voix au casque. La surprise a été de “reconnaître” immédiatement ma voix (avec ses qualités, une certaine chaleur) et ses défauts (une composante nasale et de la sibilance qui est propre à ma voix, surtout en période d’allergie au pollen). Le microphone gère bien les plosives, avec cette légère sibilance qui est facile à corriger en gérant le placement par rapport au microphone ou avec de la postproduction.

Finalement, j’ai monté le micro près de mon ordinateur pour faire des tests. Même hors du studio, le résultat m’a suffisamment épaté pour me donner envie de faire des podcasts. Ma Lovely Roadie qui bossait à côté de moi dans le bureau et entendant ma voix se demandait à qui je parlais, sans imaginer que je repassais un enregistrement. Ce qui est plutôt bon signe. 

En passant de ma carte Mbox2 à ma carte son Solid State Logic SSL2+, je retrouve la même qualité de prise de son, avec un peu plus de chaleur. Le son est très propre et suffisamment neutre pour donner une belle marge de manœuvre en post-production. Le microphone a un pad de -10 dB et une filtre passe-haut qui coupe progressivement sous les 80 Hz. Je ne m’en suis pas encore servi.

Je me suis offert la suspension (indispensable) et le filtre antipop (dispensable), qui ne sont pas fournis. Je les trouve beaux, bien assortis au microphone et qualitatifs,  mais un peu chers. Ils font bien leur boulot. Posé sur une table le microphone devient quasiment insensible aux chocs (contre la table).

Aston Origin avec suspension et filtre antipop

Aston Origin avec suspension et filtre antipop

Et l’Aston Origin  face à la guitare ?

Placer un micro devant une bouche pour capter une voix est presque une évidence. Placer un micro devant une guitare est un casse-tête d’essais et d’erreurs. Faute d’avoir la patience d’attendre que mes enregistreurs reviennent de réparation, je me suis livré à quelques tests à l’arrache. Dans ma chambre, à même le tapis.

Parce qu’il faut bien commencer quelque part, j’ai placé le micro dans sa suspension a environ 20 cm (mon empan, soit la distance maximum entre mon pouce et mon petit-doigt). Il est pointé face à la case 12, légèrement incliné vers la case 10, pour réduire un petit peu les basses captées.

Aston Origin

Aston Origin

Je retrouve la qualité sonore que je lui trouvais pour ma voix. Il sonne “vrai”. Dans mon casque, je reconnais le son de ma guitare. Pour un morceau calme, je sens que je ne suis pas loin d’une position optimale. Pour un morceau dynamique je suis encore loin du compte, et je vais sans doute comparer avec mes micros Oktava à petite membrane, pour doser le rapport entre la dynamique, la présence de la pièce et la pression sonore. 

Le vrai travail de prise de son commence maintenant. Mais cette fois avec la complicité d’un microphone que je sens complice et pas d’un ennemi qu’il me faut dompter. J’espère vous faire découvrir le fruit de ce travail bientôt.

Note : pourquoi je parle de “premières impressions” et pas de “test de matériel” ?

Tout simplement parce que je me fie à mes impressions et à mes oreilles. Je partage mon avis en vous soumettant le fruit de mes réflexions, guère plus. J’admets que je ne suis pas un grand spécialiste des fiches techniques et de la prise de son. C’est un domaine où j’avance à tâtons. C’est aussi un domaine ou pas mal d’avis se basent sur le prix des équipement utilisés ou sur des croyances et des réputations. On trouve mieux, ou aussi bien, très souvent pour plus cher. Mais ici on est dans la catégorie dans laquelle on trouvera rarement aussi bien pour moins cher. 

Avec du matériel d’entrée de gamme, mes “tests” sont ce qu’ils sont. Ils poursuivent le but que je me suis fixé : faire une prise de son correcte de mes compos. Je ne pourrais pas réaliser des tests avec toute la rigueur et la reproductibilité nécessaire pour avoir l’aplomb de les défendre face à la critique des professionnels.

SSL2+ Solid State Logic, premières impressions

Avec une carte son SSL2+ de chez Solid State Logic, ma Lovely Roadie m’a fait la surprise d’un beau cadeau. Ma carte son MBox2 de chez Digidesign commençait à fatiguer après 12 ans de bons et loyaux services. Les symptômes : crachotements, clipping, plantages, et surtout des agaçantes mises en veille irréversibles. Le hardware était toujours au top, je pense que le problème venait sans doute de la connexion USB 2.0 puis 3.0.

SSL 2+

SSL 2+ (image : Solid State Logic)

Pourquoi celle-là et pas une autre ?

Le marché des interfaces audio d’entrée de gamme offre beaucoup (trop ?) de choix. Avid,  le développeur de ProTools a décidé de se retirer du marché hardware pour se focaliser sur la partie logicielle de leur offre. L’obligation de posséder une carte son spécifique (chez Digidesign ou M-Audio) pour faire tourner ProTools a disparu. La question de “Pourquoi ProTools ?” reste évidement ouverte. Néanmoins, l’éventail des possibilités matérielles s’est élargi avec des marques comme Steinberg, Behringer, Tascam, Presonus, Roland, Zoom. Parmi les choix populaires, il y a la série des Scarlett de chez Focusrite qui ont occupé le haut de ma liste de souhaits pendant un moment. Avec des marques réputées comme Universal Audio, Apogée ou RME occupant la place du déraisonnable objet du désir.

Comme je ne traîne pas dans le coin café des studios, je ne peux que me fier aux bouche à oreille d’Internet. Et même si ce canal est souvent infiltré par la publicité cachée, les tests partisans ou les partenariats avec des influenceurs, il y a peu de fumée sans feu. Et l’arrivée des cartes sons abordables signées SSL a fait pas mal de bruit. 

Solid State Logic, la légende s’invite à la maison

Les consoles Solid State Logic sont un pilier dans les studios professionnels du monde entier. La légende veut que plus de tubes aient été enregistrés sur les consoles SSL que sur n’importe quelle autre console. Les SSL sont réputées pour leurs incroyables préamplis, leurs égaliseurs et le célèbre compresseur de bus. Ce son caractéristique a été décliné, imité et copié en de multiples plugins.

Mais le monde de la création est devenu plus agile et s’est fractionné en milliers de petits studios personnels connectés avec des studios de taille moyenne. Peu à peu, la demande pour les grandes consoles a baissé. Occuper un marché s’ouvrant vers le bas est tout simplement devenu vital. Le géant est descendu de son piédestal et  a commencé sa transition vers des produits destinés au grand public avec la (très belle) console de mixage de bureau SIX, sortie début 2019. Il ne manque qu’une interface audio à cette console. A mon avis il ne faudra pas attendre longtemps avant de découvrir une SIX² qui sera la fusion de la SIX et d’une interface audio SSL2.

SSL-SiX, il ne lui manque que la SSL2 (image : Solid State Logic)

SSL-SiX, il ne lui manque que la SSL2 (image : Solid State Logic)

La SSL2+

Avec son nombre d’entrées limité, la SSL 2/2+ est destinée au homestudio. La SSL 2 est dotée de 2 entrées, 2 sorties, d’une sortie casque et des commutateurs legacy 4k, tandis que la 2+ offre une deuxième sortie casque, une entrée/sortie MIDI et une paire de sorties secondaires asymétriques.

L’interface audio ne renie pas son ADN de produit SSL. On retrouve les couleurs classiques bleu/rouge de leurs produits. C’est une esthétique sobre, flatteuse et professionnelle. Le panneau avant incliné offre une vue confortable sur les réglages. Tous les connecteurs sont à l’arrière. C’est agréable d’un point de vue visuel et pratique, à condition de ne pas vouloir brancher ou débrancher des choses souvent.

Les potards sont robustes et réactifs. Le grand potard de niveau moniteur de la SSL2+ va jusqu’à 11, un petit clin d’oeil à la geekerie musicale (“it goes to eleven”).

Un bouton “Legacy 4K”

La partie unique de cette interface audio est le bouton 4K sur les canaux d’entrée. Il ne s’agit évidemment pas d’une résolution d’affichage, mais de l’activation d’un circuit analogique modelé sur les consoles de la série 4000 de SSL. D’après la description, ce bouton ajoute une distorsion harmonique subtile mais riche au signal d’entrée et un boost de haute fréquence autour de 16khz. Cela donne de l’air et de la présence au son. D’une certaine manière, j’ai trouvé que ça rendait le son plus “réaliste”.

SSL2+

SSL2+

Les entrées et sorties

SSL2

SSL2

Les préamplis et leurs convertisseurs analogiques/digital sont très propres à première vue. Peu de souffle. Détail appréciable, SSL à réussi à éviter les clicks, les pops ou les bangs qui arrivent parfois lors de l’initialisation, ou par exemple lors de l’activation de l’alimentation fantôme sur d’autres cartes. Les préamplis se prêtent à l’enregistrement de la guitare, de la basse, des synthés et des voix, avec un réglage “instrument”, “ligne” ou “Hi-Z”.

La SSL2 permet de monitorer les 2 canaux d’entrée sans latence. Un bouton permet de sommer les entrées en mono. Sur le modèle 2+, la possibilité de router la deuxième sortie casque vers les sorties 3/4 en appuyant sur un interrupteur est un ajout bienvenu. Le modèle 2+ possède également deux paires de sorties asymétriques supplémentaires en RCA. Personnellement, je ne suis pas fan de ces connecteurs venus du monde des DJ, mais c’est un détail. 

Le SSL 2/2+ est alimenté par USB, pas besoin d’une alimentation séparée. C’est un câble de moins à faire passer, et un transfo source de parasites électriques de moins.

Le package 

Mon seul reproche concerne le câble USBA vers USB C qui est vraiment fort court. Ce genre de câble se trouve facilement. Mais on reste un peu sur sa faim quand il faut pallier des problèmes de longueur en limitant les positions possibles.

En plus de l’interface physique, SSL a inclus dans le SSL Production Pack deux de ses plugins natifs et une licence de 6 mois pour le reste de sa gamme de plugins. Ces plugins sont une véritable aubaine et font un excellent travail d’émulation du son des composants matériels SSL mentionnés ci-dessus. Ils comprennent également des offres Protools First, Ableton Live, Native Instrument’s Komplete et une vaste bibliothèque d’échantillons de Loopcloud.

Plugins SSL Native Bundle

Plugins SSL Native Bundle (image : Solid State Logic)

Alors, les premières impressions ?

Une des raisons qui m’a amené à changer d’interface audio est la communication avec le PC via le port USB. Ici, avec un produit moderne, je n’ai évidemment eu aucun souci. Ca fonctionne. La SSL2 survit à la mise en veille de l’ordinateur. Un résultat attendu et un progrès bienvenu.

Au casque comme via les moniteurs, le son est clair, net et analytique. Il me semble plus froid d’une certaine manière, mais plutôt dans un sens positif. Le bas-médium est très clair. Sur des productions modernes rap, RNB ou sur du rock plus dur (que j’écoute peu) l’image sonore est limpide.

A l’écoute, dans l’intro de “Stranger things have happened” des Foo Fighters, on est dans la pièce. Sur un morceau comme “Tambu” de Toto, le placement des toms est bien perceptible. L’envoûtant “Fuel to fire” d’Agnes Obel déploie ses voiles de sons avec élégance. Sur “Riverside” on a l’impression d’être debout à côté du piano. Pour le “Stabat Mater” de James Bowman, le frottement des archets et les harmoniques de la voix chantée sont rendus avec naturel. Pour moi le piano (Glenn Gould) ou le violoncelle (Rostropovich) sont souvent de bons tests pour mettre le naturel d’une carte son à l’épreuve. Je ne ressens pas la moindre coloration indésirable, ce qui reste subjectif. Au niveau d’un morceau comme le Take Five de Dave Brubeck, les percussions sont limpides. La reprise du morceau “Exit movie” de Radiohead par Brad Mehldau ouRamin Djawadi sont une autre illustration.

Et pour l’enregistrement ?

SSL2

SSL2

Je n’ai en tout cas aucun doute sur le fait que la SSL2+ me permettra de contrôler mes futurs enregistrements et leur mixage avec précision malgré l’imperfection de mon local d’écoute. Evidemment on trouve sans doute mieux et plus cher. 

Au niveau du son sortant de la carte, je sens que maintenant ce sont mes moniteurs (Alesis M1 Active 520) qui sont le maillon faible. J’ai l’impression que les membranes sont un peu “lentes” par moments dans le registre grave. 

Pour l’instant je n’ai fait que quelques tests anecdotiques d’enregistrement de voix avec le microphone posé sur mon bureau. Mais ce que j’entends est très prometteur. Le “4K” apporte de l’air et de la présence à la voix. Une vrai voix de podcast. D’ailleurs je me demande si je ne vais pas vous raconter mes prochaines aventures dans ce format, pour changer un peu.